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Plantes de pépinière

    Avec Gérard Cavatore, producteur de mimosas

    Au seul nom de Bormes-les-Mimosas, chacun voit soudain la vie en jaune sur un fond bleu.
    Dans l’air, une odeur sucrée et raffinée évoque aussitôt le retour imminent du printemps. Tout près de ce joli village de la côte varoise, Gérard Cavatore, pépiniériste de génie, fou de mimosas, crée, cultive et choie ses plantes. Quoi de plus naturel, se dit-on en lui rendant visite ! Mais c’est ignorer que cette fleur de rêve ne s’obtient pas sans soin, ni connaissance.

    Leçon passionnée par Gérard Cavatore...

Acacias des tropiques

A peine entre t-on dans les serres de Gérard Cavatore qu’une question brûle les lèvres du néophyte. Pourquoi la multitude de mimosas présentés, si différents les uns des autres, portent-ils tous le nom d’Acacias ?

« Seule la variété de Mimosa dite sensitive s’appelle réellement Mimosa ou mimeuse en français, explique Gérard Cavatore. Et savez-vous pourquoi elle est appelée sensitive ? Touchez ses feuilles, là, juste sur le bord et vous verrez ! Les feuilles se rétractent doucement, pour reprendre ensuite lentement leur forme initiale. Pour les autres mimosas, c’est seulement leur nom commun et, en langage botanique, ce sont des Acacias. Quant aux arbres que nous nommons communément acacias, ils s’appellent en botanique des Robinia ou, en français, des robiniers ».

Gérard Cavatore est le détenteur de la collection nationale de mimosas avec 170 espèces et variétés. « Il y a 1200 espèces d’Acacias dans le monde, dont 700 en Australie ».

Elles se divisent en trois grands groupes :

• Le premier groupe, à feuilles composées bipennées, comme de petites feuilles de fougère, parfois très petites, bleutées ou vertes, est le plus résistant au froid : jusqu’à - 8 °C/-10 °C. Les plus connus sont les Acacias dealbata. Dans cette famille, on trouve aussi, l’Acacia baileyana ‘Purpurea’, au feuillage argenté et pourpre, couvert de fleurs en petites grappes jaunes tout l’hiver.

• Le second groupe est à feuilles entières (phyllodes). Elles peuvent être allongées, ovales, triangulaires, bleutées ou vertes. Elles sont plus sensibles au froid. Les feuilles, remplies d’eau (80% d’eau), gèlent entre -5 °C et -8 °C. L’Acacia retinoïdes, Acacia des quatre saisons, est le plus connu de ce groupe.

• Enfin, le troisième groupe est à feuilles mixtes, c’est-à-dire entières et composées (avec de nombreuses variantes) et comporte, par exemple, l’Acacia hanburyana, uniquement reproduit par greffe et dont trois pieds mères seulement ont résisté au froid au cours de l’hiver glacial de 1985.

Greffer, c’est la santé

Chaque année, 12000 mimosas sont greffés et cultivés avec passion. Les variétés horticoles de mimosas sont dénommées et sélectionnées par les “mimosistes”. Pour les reproduire, on peut faire des semis de graines qui permettent d’obtenir une floraison deux à trois ans plus tard. On peut aussi employer la technique du bouturage, ou de la marcotte, mais la technique de la greffe par approche, spécifique au mimosa, reste celle qu’utilise Gérard Cavatore, avec passion et savoir-faire. Dans la chaîne des Maures, les sols acides conviennent bien aux mimosas. Mais, pour qu’un mimosa s’adapte dans un autre type de sol, notamment calcaire, il faut absolument le greffer sur un Acacia retinoïdes, qui lui résiste bien au sol calcaire. En effet, seuls les mimosas greffés peuvent survivre en sol calcaire. De plus, cet Acacia ne drageonne pas par ses racines (celles-ci ne s’étendent pas). Il n’y a rien de plus envahissant qu’une forêt de mimosas dealbata spontanés !

 « C’est un travail méticuleux qui s’effectue pendant les mois d’été, explique-t-il, accroupi près d’un entrelacs de branches savamment organisé. On passe huit heures en plein soleil et je vous assure que c’est difficile...Le porte-greffe est un mimosa des quatre saisons obtenu par semis. Les graines, récoltées en mai-juin sont écossées, nettoyées puis mises en bocaux. En février-mars de l’année suivante, les graines sont trempées dans l’eau bouillante afin d’assouplir leur tégument très dur. 20000 godets sont alors remplis pour les semis. Un an plus tard, ils sont rempotés en juin pour greffage. Les portes-greffes mis en pot sont placés tout autour d’un pied mère qui, lui, est en pleine terre. On rapproche les deux rameaux (le porte-greffe et la variété à reproduire) après avoir enlevé l’écorce sur la surface de greffe. On installe un arrosage goutte à goutte puis on laisse prendre cette minutieuse alchimie jusqu’en octobre. A ce moment, on procède tout en douceur au sevrage. A l’aide d’un greffoir, on pratique une première incision, mimosa après mimosa. Puis, huit jours plus tard, on entaille un peu plus profondément. Ce n’est seulement qu’à la fin du mois d’octobre qu’il faut couper “le cordon ombilical” ».

Les mimosas nouveaux sont alors placés en serre, rangés selon leur taille et leur variété. Pendant cette “quarantaine” d’une quinzaine de jours, une minutieuse surveillance est effectuée au cas où il y aurait un rejet de greffe. Les mimosas seront ensuite mis en vente en décembre-janvier. Ils fleuriront dès la première année. Il ne faudra pas cependant oublier de supprimer l’onglet de greffe au printemps suivant, au risque de voir le porte-greffe se développer au détriment de la variété. L’onglet est ce petit bout de branche “maternelle” que l’on a laissé pour ne pas “stresser” la jeune plante. Il faut dix-huit mois de patience et de soins attentifs pour obtenir une plante saine, fidèle à cent pour cent à son modèle. Elle fleurira immédiatement et grandira très vite. En deux ans, elle deviendra un petit arbre. Mais attention, « le mimosa n’est pas un géranium, précise encore Gérard Cavatore, c’est une plante d’origine subtropicale, qui aime le soleil et qui craint le gel. Il faut donc respecter quelques règles pour le garder en pleine forme ».

Marc Gueguen, responsable recherche et développement chez TRUFFAUT, renchérit. « Le mimosa est un rêve réalisable dans un grand nombre de nos régions. Le mimosa greffé est un mimosa de qualité, légèrement plus cher à l’achat que les autres mimosas, mais il présente tant d’avantages : une résistance au froid, une tenue parfaite en sol calcaire et une floraison dès la 1ère année. Chez TRUFFAUT, nous soutenons ce savoir-faire ». Gérard Cavatore rayonne. La transmission de sa passion est pour lui un défi quotidien et il apprécie d’être entendu. Et le voilà reparti, plus prolixe que jamais, sur les soins à apporter à ses “bébés”.

Soigner : un secret de beauté

A l’extérieur, en pot, un mimosa peut vivre n’importe où, s’il est protégé du gel. Même en hiver, il a besoin d’eau et d’une terre toujours légèrement humide. « Je conseille un arrosage goutte à goutte, insiste Gérard Cavatore. Utilisez un pot, pas trop grand, mais jamais un bac à réserve d’eau. Apportez 50% de terreau et 50% de terre de bruyère. De mars à septembre ajoutez de l’engrais pour plantes fleuries TRUFFAUT et taillez après la floraison pour que votre mimosa reste bien trapu ».

En pleine terre, les mimosas vivent facilement en milieu méditerranéen et tout aussi bien en Bretagne, à Paris ou à Lyon, s’ils sont installés à l’abri d’un mur et exposés, de préférence, en plein sud. Un bon terreau, un tuteur, un arrosage hebdomadaire (en été) et une taille après la floraison embelliront la plante.  « En zone calcaire, précise Gérard Cavatore, il faut faire un trou plus large que profond et apporter un tiers de terre de Bruyère et du terreau BioMarine® Georges TRUFFAUT ! Ne touchez jamais les racines de votre plante lors de la plantation ou du rempotage et protégez-la en hiver avec des feuilles ou un voile d’hivernage ».

Avec ces quelques conseils, il ne reste plus qu’à vous laisser aller à vos envies en choisissant le mimosa de vos rêves. Du plus petit, 40 cm de hauteur sur 6 m de diamètre, rampant, buissonnant ou en cascade ; au plus haut, 25 à 40 m pour un dealbata d’Australie par exemple, tous offriront le meilleur d’eux-mêmes. Leur floraison, du jaune pâle presque blanc, au jaune soutenu pendant 5 à 8 semaines par an, à des époques différentes selon les espèces et les variétés, vous permettra d’obtenir des fleurs presque toute l’année.

Au parfum, plus ou moins envoûtant, léger pour l’Acacia chenille aux si belles fleurs, et intense pour le mearnsii, dont les grappes blanc-crème embaument, en mai-juin, le miel, le jasmin et la vanille.
Publié en 21/02/2003

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