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Plantes de pépinière

    Le monde des palmiers

    Une belle photo de palmier sur la vitrine d’une agence de voyages et nous voici plongés dans une rêverie sans fin... Nous ne faisons alors que marcher dans les pas de nos plus lointains ancêtres !

    Le palmier fut vénéré par toutes les civilisations de la Méditerranée. Le Christianisme, l’Islam et le Judaïsme l’évoquent dans de nombreux textes et rituels.

C’est dans une oasis que naquit la première ville de l’Histoire, voici 7000 ans, Jéricho. Rien d’étonnant à ce que la Judée ait pris le palmier comme emblème et que, plus tard, l’Islam l’inscrive dans le Coran comme arbre sacré.

Pour les peuples du désert, le palmier ne signifiait rien de moins que la vie sauve. Il offrait son ombrage bienfaisant et une nourriture des plus reconstituantes, puisqu’il s’agissait souvent de dattiers. Plus important encore, la vue d’une oasis indiquait la présence providentielle de l’eau, grâce à une source ou un oued.
Aujourd’hui encore, les Juifs commémorent la Fuite d’Égypte en réalisant de petites constructions avec des palmes : c’est la fête des Cabanes, qui rappelle que le peuple d’Israël survécut grâce à cette plante. Les Musulmans honorent de même l’Arbre de Vie en marquant la fin du jeûne du Ramadan par la dégustation de dattes fourrées. Quant à Jésus, il fut accueilli par des bouquets de palmes lors de son entrée triomphale dans Jérusalem, aujourd’hui commémorée par le dimanche des Rameaux.

La “palme” de la robustesse
Dans l’Égypte Ancienne, des représentations de palmiers dattiers (associés à Isis) accompagnaient les morts dans tous les tombeaux. Les Romains et les Grecs de l’Antiquité se sont eux-mêmes appropriés ces traditions sans âge en faisant du palmier un symbole de fécondité et de fertilité.
Et c’est bien vrai que notre palmier mérite la “palme” de la robustesse, en plus de celle de l’élégance, notre palmier... Vous l’aurez deviné, la palme d’or du Festival de Cannes et les palmes académiques sont directement issues des anciens cultes voués au palmier : à Rome comme à Athènes, on agitait des palmes au passage des armées victorieuses et des personnalités à honorer.

Palmier sacré, palmier-mythe
Quoi de plus normal que le palmier reste un “personnage” central de nos mythes actuels ?
Le citadin stressé s’évade en imaginant tantôt une vie paradisiaque à l’ombre d’un cocotier, tantôt une échappée solitaire dans le désert et ses oasis. Dans le monde entier, toutes les villes au climat favorable ont bordé leurs plus belles avenues de palmiers...
Pour ceux d’entre nous qui possèdent un palmier en pot, il s’agit toujours de la star de la terrasse, celle qui provoque l’envie des visiteurs et la fierté de son jardinier. Une star qui n’a pas fini de nous surprendre, même si ses qualités de robustesse et de frugalité sont légendaires.
Le palmier a maintes fois fait la preuve de son incroyable capacité d’adaptation et d’évolution. Il a survécu à tous les déluges et autres bouleversements climatiques qui ont affecté la planète depuis 80 millions d’années. Son âge : vénérable !
Le palmier est une plante à la fois primitive et très évoluée. Sa morphologie rappelle son ancêtre, la fougère arborescente (premier végétal apparu sur terre après la mousse, voici 350 millions d’années). Mais, contrairement à cette dernière, il a su développer toutes sortes de “ruses” pour résister à la terrible sécheresse et aux non moins terribles écarts de températures du désert, tout aussi bien qu’aux cyclones et inondations des climats tropicaux.

Palmiers des cinq continents

Dans le palmier, tout est bon ! Bien peu de peuples pourraient se passer de lui. De l’Afrique aux Amériques en passant par l’Asie et l’Océanie, on utilise son tronc comme bois d’œuvre, ses feuilles pour les couvertures des toits et bien sûr ses fruits ou ses graines comme aliment.

Sans compter bien d’autres produits que nous connaissons mais que nous n’identifions pas toujours comme venant du palmier !
Ainsi, le rotin provient d’un curieux palmier grimpant (Calamus rotang) dont les lianes peuvent atteindre 200 m de longueur... Il pousse en Asie du Sud-Est. Quant au raphia, il est tiré des immenses feuilles (plus de 15 mètres de longueur !) d’un palmier de Madagascar (Raphia ruffa).
De nombreux palmiers sont recouverts de
plusieurs couches d’une fibre très solide
ressemblant exactement à de la toile de jute : la perfection de ce tissage naturel laisse sans voix. Une telle aubaine n’a bien sûr pas été négligée.

Aliments, vêtements, maisons, meubles... en palmier
Depuis les mesures visant à protéger les éléphants, l’ivoire végétal sert à confectionner
des bijoux. Il vient lui aussi de la graine d’un
palmier, le fameux Doum égyptien (Hyphaena thebaica). Depuis longtemps cette matière,
le corozo, était utilisé pour la fabrication de boutons en Afrique.
S’il existe un palmier “universel”, le sagoutier (Metroxylon sagu), dont on tire entre autres une farine, c’est bien sûr le cocotier (Cocos nucifera) le plus polyvalent : fibres pour les tapis et matériaux divers, huile de coprah dont sont issus aussi bien le monoï que la margarine.
Tous s’avèrent aussi indispensables pour les pays industrialisés que pour les pays pauvres au mode de vie traditionnel. Tous les palmiers ne sont pas aussi connus, puisqu’il en existe plus de 3000 espèces ! Tous sont pourtant utiles d’une façon ou d’une autre aux habitants de leur région. Certains sont dits endémiques car ils ne poussent que dans une aire géographique restreinte, comme le palmiste rouge (Acanthophoenix rubra) de l’île de La Réunion, au “cœur” d’une extrême finesse gastronomique. Un “cœur” qui est en fait la partie tendre du “tronc” d’un arbre âgé de quelques mois (cœur de palmier) à cinq ans (véritable chou palmiste) : on sacrifie donc un arbre pour une petite salade...
Nains, géants, au tronc renflé en forme de bonbonne, aux feuilles droites en forme d’éventail ou si découpées qu’elles retombent gracieusement, aux fruits minuscules ou énormes... les palmiers forment un monde fascinant et étrange.

Ce bel arbre n’a pas fini de nous dérouter. Un arbre qui n’en est pas un, d’ailleurs, botaniquement parlant ! Comme chacun le sait, il ne possède pas de branches. Il n’a pas non plus de tronc, même si ce mot est couramment utilisé car il est compris de tous. Il s’agit en fait d’un stipe, c’est à dire d’une tige pleine de moelle tendre (et, souvent, comestible). Au fur et à mesure que les feuilles tombent, la tige se met à monter, très vite dans le cas du cocotier (Cocos nucifera), en s’arrondissant dans le cas de l’amusant palmier-bonbonne (Hyophorbe lagenicaulis). En vieillissant, le stipe devient ligneux, c’est à dire qu’il adopte la consistance du bois.

Pour survivre : des ruses très judicieuses
Le stipe est surmonté d’un bourgeon unique qui donne sans cesse un nouveau bouquet de feuilles disposées en panache. Si vous coupez ce bourgeon, le palmier ne va que très rarement se ramifier, comme le ferait n’importe quelle plante. En général, il meurt très vite. Il existe quelques exceptions, comme le curieux palmier-liane qui donne le rotin ou le chamærops humilis, développant de nombreux stipes partant de la base.
Certains palmiers sont épineux dans leur jeune âge : le jeune stipe est couvert de longues aiguilles acérées dissuadant efficacement tout prédateur. Le plus étonnant, c’est qu’au moment où le stipe mesure plusieurs mètres de hauteur, et que les parties tendres se trouvent donc hors de portée de n’importe quel animal, ils deviennent lisses et doux comme une peau de bébé !
Les jolis dessins qui ornent souvent les stipes des palmiers sont en fait les cicatrices laissées par la chute des feuilles. La base de ces dernières est constituée d’une énorme gaine très solide, brillante et aux couleurs nuancées, utilisée pour la confection de nombreux objets.
Le palmier possède les plus grandes feuilles du règne végétal : de 4 m à 8 m, jusqu’au record de 25 m (Raphis regalis). Leurs formes sont des plus variables. Les plus connues font penser à une gigantesque plume : ce sont les feuilles pennées. Bien différente est l’allure des feuilles palmées qui se présentent comme un éventail se dépliant progressivement.
On dit souvent que les palmiers se divisent en mâles et en femelles. En fait, tous les cas de figure existent : arbres portant uniquement des fleurs mâles ou des fleurs femelles, fleurs mâles et femelles séparées, mais sur le même pied, fleurs mâles et femelles sur la même inflorescence, fleurs hermaphrodites...
Les inflorescences de palmier, généralement en forme de grappes retombantes, offrent une impression de profusion. Le talipot (Corypha umbraculifera) constitue un cas extrême, puisqu’il ne fleurit qu’une fois dans sa vie, mais porte alors environ 60 millions de fleurs !
De la baie petite et rouge comme une groseille, à la noix de coco en passant par la datte, les fruits, regroupés en grappes, présentent mille formes différentes et ne sont pas tous comestibles. Le plus gros est celui dont la graine est surnommée “coco-fesse” en raison de sa forme
suggestive (Lodoicea Maldivica). Avec ses 80 cm de longueur et ses quelques 20 kg, c’est la plus grosse graine du monde.

Le palmier au jardin :

Les palmiers poussaient autrefois à l’état sauvage en France. Il est vrai que 25 millions d’années ont passé depuis et que le climat a changé !

Il n’en reste pas moins que quelques espèces de palmiers font preuve d’une rusticité remarquable. Contrairement à ce que l’on croit souvent, ils peuvent résister au gel dans de nombreuses régions et sur tous les balcons, moyennant certaines précautions.
À cela deux raisons : ils sont originaires de pays où il peut faire très froid la nuit, comme le désert de l’Arizona et les montagnes du nord de l’Inde. Cultivés depuis près de deux siècles dans nos contrées, ils se sont naturellement adaptés à ces nouvelles conditions.
Il est difficile de chiffrer exactement le degré de température négative que nos palmiers européens (d’adoption) sont capables de supporter. Cela dépend en effet de la durée des vagues de froid, de leur fréquence au cours d’un même hiver et de l’humidité ambiante à ce moment. Le vent, qui favorise la pénétration du froid dans les tissus végétaux, est parfois plus à craindre que le gel lui-même.

Des palmiers en pleine terre en Alsace
On peut cependant citer des chiffres reconnus par l’observation durant de nombreuses années. Les espèces Brahea armata, Washingtonia filifera, Sabal palmetto et Butia capitata sont connues pour résister à
-12 °C. Chamaerops humilis* et Phoenix canariensis* supportent quant à eux -8 °C et Washingtonia robusta -6 °C, des valeurs somme toute rares en de nombreux endroits.
Trachycarpus fortunei ne craint pas des pointes de -16 °C. Il en existe d’ailleurs de très beaux spécimens en pleine terre et sans protection hivernale à Lille, Clermont-Ferrand, Dijon, Lyon et même en Alsace ! Les secrets de cette réussite tiennent aux emplacements et conditions de culture qui ont été choisis.
Le sol doit ainsi être léger et drainant, c’est à dire qu’il ne doit jamais rester d’humidité importante au niveau des racines. L’apport de billes d’argile au fond du pot ou du trou de plantation et de sable dans le substrat sont recommandés. Les arbres, exposés bien sûr au soleil, seront protégés du vent par la maison, un claustra ou d’autres végétaux.

En pot, tout est possible
En pleine terre, améliorez le sol avec de la
tourbe blonde et du compost BioMarine® TRUFFAUT. En pot, le terreau Terre de Vie® Plantes en bacs TRUFFAUT sera parfait. Arrosez copieusement en été, mais jamais quand il fait froid. Nourrissez votre palmier avec un apport de BioMarine® TRUFFAUT à chaque printemps puis, en été, avec l’engrais Plantes méditerranéennes et Agrumes Georges TRUFFAUT. N’abusez pas des engrais et n’arrosez pas trop votre palmier après le mois d’août : cela rendrait ses tissus moins résistants au froid de l’hiver.
Le palmier est plus fragile dans son jeune âge. Protégez ses racines par une couche de 30 cm de paillis autour du pied, et le cas échéant, son pot par un emballage de plastique à bulles. Lors d’une vague de froid exceptionnelle, ramenez le feuillage des palmiers adultes autour du bourgeon terminal et emmaillotez la tête du palmier de plusieurs épaisseurs de voile d’hivernage. En cas de fortes gelées, si les feuilles les plus exposées brûlent rapidement, les organes vitaux (racines, centre du stipe, bourgeon) réussissent généralement à survivre.


Voyez-vous encore une raison de vous priver de la compagnie d’un palmier ?

Les mariages les plus réussis

C’est bien sûr en compagnie de compatriotes que le palmier s’épanouira dans toute sa splendeur !
Ambiance méditerranéenne très fleurie lorsque des palmiers voisinent avec le Laurier rose (Nerium oleander), le Jasmin (Jasminum officinale), le Solanum ou Le Dentelaire du Cap (Plumbago capensis). Association gourmande des plus harmonieuses avec les Figuiers (Ficus carica), les Agrumes et les Néfliers du Japon (Eriobotrya japonica). Impression d’exotisme renforcée et composition graphique très actuelle avec les feuillages de la Cordyline, du Phormium, de l’Eucalyptus ou du Yucca.

Publié en 20/03/2003

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