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Tout savoir sur les baies et les houx...
A l’heure des paillettes et des réjouissances de fin d’année, les arbustes persistants à baies décoratives arrivent à point nommé. Complicité de la nature ? Les « boules de Noel » du jardin ont en effet la bonne idée de nous surprendre au cœur meme de l’hiver, en période de disette florale et grisaille généralisée.
Skimmia, Pernettya, Gaultheria…. Les plus remarquables pour leur coté festif et leur parure hivernale sont en fait des arbustes encore peu répandus à découvrir absolument. Tout d’abord, loin d’etre éphémère, leur fructification colorée perdure 2 à 3 mois, en général entre novembre et février. Tout dépend en fait de la gourmandise des oiseaux du jardin, attirés par ces appétissantes friandises. Les surprises se succèdent ensuite au rythme des saisons. Amusez vous par exemple à froisser les feuilles du Skimmia et appréciez leur agréable senteur aromatique. Chez le Gaultheria procumbens, également surnommé « Thé du Canada », les feuilles séchées dégagent une forte odeur balsamique et vanillée. On les utilise en infusion et pour la fabrication de l’essence de « Wintergreen » aux vertus antiseptiques et rhumatismales.
Cette verdure a l’avantage d’etre persistante. La floraison souvent discrète mérite le détour. Les petites clochettes blanc rosé du Pernettya et du Gaultheria s’épanouissent au printemps. Les fleurs en étoile du Skimmia japonica répandent un agréable parfum d’oranger. Chez ce dernier, il existe une variété male – Skimmia ‘Rubella’ – remarquable durant tout l’hiver pour ses boutons floraux en petits bouquets rouges. Male ou femelle, la question se pose au moment de choisir ces arbustes à la sexualité complexe. Car pour assurer la pérennité de votre décor, la parité s’impose dans les massifs et les jardinières. Un pied male suffit généralement pour assurer la fructification de 2 à 3 pieds femelles.
Pour le jardinier des villes, soucieux d’embellir fenetre, balcon, terrasse ou pas de porte, ces arbustes sont « taillés sur mesure ». Leur feuillage coriace est un des plus résistant à la pollution. De port compact, ils poussent plutot lentement et restent sagement à leur place sans déranger les plantations voisines. En bac, en pot ou en jardinière, ils se pretent à de charmantes associations en compagnie des azalées, rhododendrons nains, bruyères, andromèdes ou hortensias. Comme ces derniers, les arbustes à baies décoratives se plaisent à mi-ombre, dans un mélange de terre de bruyère et de tourbe. Coté entretien, on ne peut rever davantage de complaisance. Contentez vous de protéger votre skimmia sous un voile d’hivernage en cas de gel accentué et prolongé.
Pour maintenir une végétation régulière, on peut toujours tailler les extrémités des rameaux. Le meilleur moment se situe en fin d’hiver, entre la chute des fruits et la floraison, de façon à ne pas entraver les prochaines mises à fruits.
LES HOUX :
Avec ses fruits rouge vif et son feuillage étincelant, le houx fait partie des principales plantes symboles des fetes de fin d’année. Joyeusement paré pour l’occasion, il attise soudainement notre curiosité. Son histoire, ses vertus, sa longévité et sa force tranquille font de lui un arbuste d’exception. Son nom botanique – ilex aquifolium – provient du latin « Quercus ilex » (chene vert) et du terme « aquifolium » signifiant feuilles acérées.
On le cultivait jadis pour fabriquer des manches d’outils et pour des ouvrages précieux en marqueterie et en lutherie. Son bois souple mais dur et solide était apprécié pour son grain fin, agréable au touché. Son écorce servait à l’élaboration de la glu.
On connaissait alors ses vertus médicinales, la recette du vin de houx et les décoctions de feuilles ou d’écorce, tout en évitant d’utiliser ses fruits rouges empoisonnés. Il pouvait etre béni, comme le buis, il symbolisait l’immortalité, à cause de la verdure persistante de son feuillage. En meme temps, son caractère épineux pouvait etre interprété comme une représentation du diable. Le houx servait alors à fabriquer le baton des sorciers. De toutes ces croyances et usages lointains, seule subsiste aujourd’hui son image festive. Le cliché des feuilles de houx illuminées de pétillantes petites boules rouges orne les cartes de vœux et le papier d’emballage des cadeaux. La maitresse de maison les utilise fraichement coupées pour égayer la table du réveillon ou réaliser la couronne de bienvenue. L’image du houx est aussi bien gravée dans nos traditions et notre mémoire.
L’espèce la plus représentative – ilex acquifolium – pousse spontanément dans nos sous-bois et taillis. Abondant dans certaines régions, le houx n’est cependant pas à l’abri d’une raréfaction dans les zones de ramassage intense, à l’occasion des fetes de fin d’année. La réglementation de ces cueillettes, voire la protection de l’espèce dans certains départements du Midi vise à limiter les abus.
Au jardin, la palette des variétés proposées permet de découvrir d’autres facettes de cet arbuste : feuilles panachées, dorées ou argentées, à marges colorées, avec des épines ou totalement inermes, à fruits rouges, jaunes, blancs ou noirs….
Certaines espèces s’amusent à copier d’autres plantes, tel le houx à feuilles de buis ou à feuilles de chataignier. Le houx compte quelque sept cent espèces botaniques réparties de par le monde. Grace aux recherches et aux études faites à l’arboretum des Prés des Culands à Meung sur Loire (45) – un lieu superbe à visiter qui abrite la collection nationale des ilex – de nouvelles espèces et variétés devraient élargir très prochainement le choix des houx proposés en pépinière.
En isolé, en haie décorative et défensive, en topiaire tel l’if ou le buis, le houx est une valeur sure, peu exigeant sur la qualité du sol. Il suffit de le protéger des situations ventées et fortement ensoleillées. En motte ou en conteneur, la reprise se fait sans difficultés ni précautions particulières. Les petits fruits rouges (des drupes) qui nous séduisent tant en hiver apparaissent uniquement sur les variétés femelles. Cependant, la présence de houx males est nécessaire dans leur entourage pour assurer la fécondation. Ces derniers ont l’avantage d’offrir en revanche de belles colorations du feuillage. Un mariage à la fois fructueux et élégant.
Publié en 20/03/2003
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