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Semer à tout vent
Fines comme la poussière, grosses comme une noix de coco, garnies de plumes ou d’ailes, quels que soient leur forme et leur poids, les graines assurent la descendance de l’espèce végétale.
Découvrez le plaisir de la naissance d’une nouvelle vie dans votre jardin et semez à tout vent, dans le potager, dans les massifs, sur votre terrasse ou sur le rebord de votre fenêtre !
Les végétaux qui nous entourent doivent, pour la plupart, leur survie aux graines que produisent leurs fruits. Contenues dans des enveloppes qui leur permettent d’attendre des conditions favorables pour germer (plusieurs siècles pour certaines), les semences se propagent au gré des vents, des pluies ou des animaux auxquels elles s’accrochent... Les plumes des graines de pissenlit s’envolent haut dans le ciel. Les noix de coco se laissent porter par le courant des rivières tropicales. Les graines des orchidées sont si fines que le vent peut les emporter à plusieurs centaines de kilomètres de leur lieu d’origine. La nature est curieuse : les cônes fermés de certains pins américains ont besoin d’une forte chaleur pour libérer leurs semences. Ils sont donc essentiels pour coloniser une forêt dévastée par le feu.
Un laboratoire miniature
A première vue, rien de plus banal qu’une graine. Pourtant, si l’on prend la peine de l’examiner à la loupe, on s’aperçoit très vite que ce petit grain n’est pas aussi anodin qu’il le paraît. A l’intérieur de son enveloppe, c’est un vrai laboratoire de vie qui travaille. Dès qu’elle est arrivée à maturité, la graine contient tout ce qui lui faut pour se développer seule et reproduire les caractères de ses “parents”. La coque qui l’entoure, le tégument, est destinée à la protéger des agressions extérieures. Elle peut être souple ou, au contraire, dure comme de la pierre. C’est pourquoi, il est parfois nécessaire de la faire tremper dans de l’eau ou de la placer plusieurs semaines dans du sable maintenu humide (la stratification) pour la ramollir et aider le germe à sortir. A l’intérieur de cette enveloppe, la chair (ou albumen) est une véritable réserve de nourriture (féculents et protéines) qui va assurer le développement de la plantule avant qu’elle ne puise elle-même ses aliments dans le support de culture. Penchez-vous un peu plus et vous découvrirez un petit germe collé contre une feuille embryonnaire, le cotylédon. La graine est issue d’un grain de pollen venu se poser sur un pistil proche. Mais il arrive que ce grain de pollen se sente une humeur vagabonde et s’en aille épouser l’ovule d’une plante voisine. Leurs gènes s’associent alors pour donner naissance à un nouvel individu, dotés des caractères de l’un et de l’autre. C’est ce que l’on appelle l’hybridation. Elle peut être naturelle, mais aussi manuelle lorsqu’elle est pratiquée par les créateurs, pépiniéristes ou horticulteurs.
Donner la vie
Le semis est ce qu’il y a de plus simple et de plus économique, pour donner naissance à une plante. C’est aussi une merveilleuse école de patience et de sagesse, où parents et enfants voient s’épanouir une nouvelle vie. Il n’est pas nécessaire d’être un expert en jardinage pour semer : il suffit de mettre en terre les graines, de les arroser et de les bichonner, en veillant à réunir les 3 éléments suivants pour assurer la levée.
De l’eau :
« Sans eau, pas de vie ». Pour germer, les graines ont besoin d’humidité. Cet élément active les enzymes, l’embryon peut alors puiser la nourriture emmagasinée dans l’albumen. Il ne faut donc jamais laisser sécher un semis.
De la chaleur :
Variant entre 13 et 27 °C selon les espèces, la température joue un rôle important dans le développement de l’embryon. C’est un régulateur pour les graines qui commencent à absorber l’humidité et à utiliser l’oxygène.
De l’air :
De l’oxygène surtout, car ce gaz est indispensable, comme l’eau, dans l’utilisation des réserves nutritives.
Certaines semences demandent en plus de la lumière. Cet éclairage indique à ces graines qu’elles peuvent émerger du support dans lequel elles ont été placées.
L’art et la manière de semer
Pour semer, il suffit donc de mettre les graines sur un support de culture et de les maintenir dans de bonnes conditions de développement. On distingue différentes techniques de semis en fonction des types de graines.
• Le semis à la volée :
C’est le plus simple. On prend les graines dans la main et on les éparpille sur le sol ou sur la terrine de semis en les lançant avec un geste de balayage.
• Le semis en ligne :
Très pratique pour l’entretien ultérieur. On trace des sillons profonds de 1 à 3 cm selon la grosseur des graines et on place dans le fond les semences que l’on recouvre ensuite en faisant retomber les bords du sillon.
• Le semis en poquet :
Utilisée pour les haricots, les pois ou les melons, cette technique consiste à creuser des trous dans lesquels on dépose 3 à 5 graines.
• Le semis en place :
Cette méthode consiste à semer les graines là où elles pousseront définitivement.
• Le semis en pépinière :
Il s’agit de semer des graines dans un endroit réservé à cet effet, où les jeunes plants seront ensuite prélevés pour être repiqués, de nouveau en pépinière ou à leur place définitive.
• Le semis sous abri :
Les plantes frileuses ou les semis effectués très tôt en saison sont réalisés sous la couverture d’un châssis, d’un tunnel plastique ou bien dans une mini-serre ou une véranda.
La bonne époque
Il n’y a pas de mois où l’on ne peut semer. Cependant, les mois les plus propices aux plantes du jardin sont mars et avril, une fois la terre réchauffée et les conditions climatiques plus clémentes.
En mars :
Les fleurs :
• Sous abri : semez les fleurs
annuelles comme les pétunias, la sauge, la verveine, les œillets d’Inde.
• En place, semez les pois de senteur, le houblon, à proximité d’un support sur lequel ils s’accrocheront.
• A la volée, répartissez les graines de pied d’alouette, de nigelle, de clarkia. Evitez de semer trop dru pour ne pas avoir à enlever ensuite les plants en surnombre.
Les légumes :
• Sous abri : il faut une mini-serre pour les légumes du soleil comme les melons, les aubergines, les piments, les tomates, les concombres, etc. Un tunnel plastique sera suffisant pour les carottes, les chicorées, les céleris-raves.
• En pépinière, pour être ensuite repiqués, semez les poireaux, les choux-fleurs, les laitues pommées.
• En place, les fèves, les navets, le persil, les pois à grains ridés et les radis pousseront là où les graines seront tombées.
• En ligne : préférez cette méthode pour les oignons de couleur, le cerfeuil, les salsifis.
En avril :
Les fleurs :
• En place, semez la gaillarde, l’alysse, la capucine, l’immortelle, le muflier, le cosmos, le gypsophile, le zinnia, le pavot de Californie, l’amarante.
Les légumes :
• Sous abri, si le temps manque encore de douceur, semez les courgettes, les épinards, le basilic, le fenouil.
• En pépinière, semez les betteraves, tous les choux (de Bruxelles, pommés, fleurs), les laitues, les potirons et les poireaux.
• En place, c’est le tour des céleris, des pissenlits, du thym et de la sarriette.
• En poquets, semez les premiers haricots.
• En ligne, les carottes et les radis, parce qu’ils ne se repiquent pas.
Le saviez-vous ?
Des F1 dans le jardin :
Les hybrides F1 sont des variétés de première génération obtenues par une sélection rigoureuse des parents, qui présentent des caractères bien spécifiques : vigueur exceptionnelle, rusticité, homogénéité, résistance aux maladies, etc.
De la plus petite à la plus grosse :
Les semences les plus fines sont celles d’une orchidée du genre Acropera qui peut produire jusqu’à 74 millions de graines ! Les graines les plus grosses sont fournies par le palmier Lodoicea maldivica. Elles pèsent jusqu’à 20 kg et sont connues sous le nom plus parlant de “coco fesse“ en raison de leurs formes.
Il y a 100 000 graines de bégonia et seulement 2 à 3 de haricot d’Espagne dans un gramme.
Elles ont le temps :
La faculté germinative est le temps durant lequel une graine peut germer. Pour certaines d’entre-elles, cette faculté ne dure qu’un an. C’est le cas du géranium, par exemple. Pour d’autres, cela peut durer 30 ans, comme chez le robinier.
Le coup de main :
Pour semer et bien répartir des graines très fines, mélangez-les à du sable fin. Vous augmenterez ainsi le volume qui sera plus facile à répartir.
Un laboratoire miniature
A première vue, rien de plus banal qu’une graine. Pourtant, si l’on prend la peine de l’examiner à la loupe, on s’aperçoit très vite que ce petit grain n’est pas aussi anodin qu’il le paraît. A l’intérieur de son enveloppe, c’est un vrai laboratoire de vie qui travaille. Dès qu’elle est arrivée à maturité, la graine contient tout ce qui lui faut pour se développer seule et reproduire les caractères de ses “parents”. La coque qui l’entoure, le tégument, est destinée à la protéger des agressions extérieures. Elle peut être souple ou, au contraire, dure comme de la pierre. C’est pourquoi, il est parfois nécessaire de la faire tremper dans de l’eau ou de la placer plusieurs semaines dans du sable maintenu humide (la stratification) pour la ramollir et aider le germe à sortir. A l’intérieur de cette enveloppe, la chair (ou albumen) est une véritable réserve de nourriture (féculents et protéines) qui va assurer le développement de la plantule avant qu’elle ne puise elle-même ses aliments dans le support de culture. Penchez-vous un peu plus et vous découvrirez un petit germe collé contre une feuille embryonnaire, le cotylédon. La graine est issue d’un grain de pollen venu se poser sur un pistil proche. Mais il arrive que ce grain de pollen se sente une humeur vagabonde et s’en aille épouser l’ovule d’une plante voisine. Leurs gènes s’associent alors pour donner naissance à un nouvel individu, dotés des caractères de l’un et de l’autre. C’est ce que l’on appelle l’hybridation. Elle peut être naturelle, mais aussi manuelle lorsqu’elle est pratiquée par les créateurs, pépiniéristes ou horticulteurs.
Donner la vie
Le semis est ce qu’il y a de plus simple et de plus économique, pour donner naissance à une plante. C’est aussi une merveilleuse école de patience et de sagesse, où parents et enfants voient s’épanouir une nouvelle vie. Il n’est pas nécessaire d’être un expert en jardinage pour semer : il suffit de mettre en terre les graines, de les arroser et de les bichonner, en veillant à réunir les 3 éléments suivants pour assurer la levée.
De l’eau :
« Sans eau, pas de vie ». Pour germer, les graines ont besoin d’humidité. Cet élément active les enzymes, l’embryon peut alors puiser la nourriture emmagasinée dans l’albumen. Il ne faut donc jamais laisser sécher un semis.
De la chaleur :
Variant entre 13 et 27 °C selon les espèces, la température joue un rôle important dans le développement de l’embryon. C’est un régulateur pour les graines qui commencent à absorber l’humidité et à utiliser l’oxygène.
De l’air :
De l’oxygène surtout, car ce gaz est indispensable, comme l’eau, dans l’utilisation des réserves nutritives.
Certaines semences demandent en plus de la lumière. Cet éclairage indique à ces graines qu’elles peuvent émerger du support dans lequel elles ont été placées.
L’art et la manière de semer
Pour semer, il suffit donc de mettre les graines sur un support de culture et de les maintenir dans de bonnes conditions de développement. On distingue différentes techniques de semis en fonction des types de graines.
• Le semis à la volée :
C’est le plus simple. On prend les graines dans la main et on les éparpille sur le sol ou sur la terrine de semis en les lançant avec un geste de balayage.
• Le semis en ligne :
Très pratique pour l’entretien ultérieur. On trace des sillons profonds de 1 à 3 cm selon la grosseur des graines et on place dans le fond les semences que l’on recouvre ensuite en faisant retomber les bords du sillon.
• Le semis en poquet :
Utilisée pour les haricots, les pois ou les melons, cette technique consiste à creuser des trous dans lesquels on dépose 3 à 5 graines.
• Le semis en place :
Cette méthode consiste à semer les graines là où elles pousseront définitivement.
• Le semis en pépinière :
Il s’agit de semer des graines dans un endroit réservé à cet effet, où les jeunes plants seront ensuite prélevés pour être repiqués, de nouveau en pépinière ou à leur place définitive.
• Le semis sous abri :
Les plantes frileuses ou les semis effectués très tôt en saison sont réalisés sous la couverture d’un châssis, d’un tunnel plastique ou bien dans une mini-serre ou une véranda.
La bonne époque
Il n’y a pas de mois où l’on ne peut semer. Cependant, les mois les plus propices aux plantes du jardin sont mars et avril, une fois la terre réchauffée et les conditions climatiques plus clémentes.
En mars :
Les fleurs :
• Sous abri : semez les fleurs
annuelles comme les pétunias, la sauge, la verveine, les œillets d’Inde.
• En place, semez les pois de senteur, le houblon, à proximité d’un support sur lequel ils s’accrocheront.
• A la volée, répartissez les graines de pied d’alouette, de nigelle, de clarkia. Evitez de semer trop dru pour ne pas avoir à enlever ensuite les plants en surnombre.
Les légumes :
• Sous abri : il faut une mini-serre pour les légumes du soleil comme les melons, les aubergines, les piments, les tomates, les concombres, etc. Un tunnel plastique sera suffisant pour les carottes, les chicorées, les céleris-raves.
• En pépinière, pour être ensuite repiqués, semez les poireaux, les choux-fleurs, les laitues pommées.
• En place, les fèves, les navets, le persil, les pois à grains ridés et les radis pousseront là où les graines seront tombées.
• En ligne : préférez cette méthode pour les oignons de couleur, le cerfeuil, les salsifis.
En avril :
Les fleurs :
• En place, semez la gaillarde, l’alysse, la capucine, l’immortelle, le muflier, le cosmos, le gypsophile, le zinnia, le pavot de Californie, l’amarante.
Les légumes :
• Sous abri, si le temps manque encore de douceur, semez les courgettes, les épinards, le basilic, le fenouil.
• En pépinière, semez les betteraves, tous les choux (de Bruxelles, pommés, fleurs), les laitues, les potirons et les poireaux.
• En place, c’est le tour des céleris, des pissenlits, du thym et de la sarriette.
• En poquets, semez les premiers haricots.
• En ligne, les carottes et les radis, parce qu’ils ne se repiquent pas.
Le saviez-vous ?
Des F1 dans le jardin :
Les hybrides F1 sont des variétés de première génération obtenues par une sélection rigoureuse des parents, qui présentent des caractères bien spécifiques : vigueur exceptionnelle, rusticité, homogénéité, résistance aux maladies, etc.
De la plus petite à la plus grosse :
Les semences les plus fines sont celles d’une orchidée du genre Acropera qui peut produire jusqu’à 74 millions de graines ! Les graines les plus grosses sont fournies par le palmier Lodoicea maldivica. Elles pèsent jusqu’à 20 kg et sont connues sous le nom plus parlant de “coco fesse“ en raison de leurs formes.
Il y a 100 000 graines de bégonia et seulement 2 à 3 de haricot d’Espagne dans un gramme.
Elles ont le temps :
La faculté germinative est le temps durant lequel une graine peut germer. Pour certaines d’entre-elles, cette faculté ne dure qu’un an. C’est le cas du géranium, par exemple. Pour d’autres, cela peut durer 30 ans, comme chez le robinier.
Le coup de main :
Pour semer et bien répartir des graines très fines, mélangez-les à du sable fin. Vous augmenterez ainsi le volume qui sera plus facile à répartir.
Publié en 21/02/2003
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