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A l'origine des plantes d'intérieur
Banal, le ficus qui occupe un angle de votre salon ? Écoutez ce proche cousin du banian sacré vous raconter des histoires d’impénétrables forêts indonésiennes. Dans son pays natal, il portait sur ses branches des oiseaux multicolores et des orchidées parfumées... Du saintpaulia d’Afrique australe à l’amazonien marantha, nos plantes d’intérieur des plus classiques aux plus excentriques, sont originaires de contrées lointaines et encore mytérieuses.
Mieux connaître les “racines” de nos plantes d’intérieur permet tout simplement de leur offrir, autant que possible, des conditions proches de leur état naturel : c’est le secret des plantes “bien dans leur pot” ! Une maison comporte, en effet, des “microclimats” différents et les soins peuvent être adaptés en connaissance de cause.
Plus que des oublis d’arrosage, nos plantes d’intérieur souffrent souvent de la température et de la lumière pas toujours appropriées à leurs besoins. Mettez-vous à leur place ! La plupart d’entre elles vivent, à l’état sauvage, dans les forêts tropicales humides d’Amérique centrale, d’Asie du sud-est ou d’Amazonie... Quant à celles qui proviennent de régions moins saturées en humidité, d’Afrique australe notamment, elles ont en revanche besoin de se reposer en faisant leur “hiver”, sans gelées certes, mais à 12 °C plutôt qu’à 21 °C.
Il existe bien souvent un emplacement qui leur plaira. Pour celles qui aiment l’humidité et la chaleur, pensez aux cuisines et aux salles de bains, qui leur plaisent davantage qu’un salon. Pour celles qui doivent se reposer en hiver mais qui exigent la pleine lumière en été, les halls d’entrée, les patios ou les vérandas sont idéaux.
L’Amazonie :
une résistance à toute épreuve
Un bon nombre de nos plantes d’intérieur préférées sont originaires de la forêt amazonienne. Et pour cause ! La plus grande forêt du monde, traversée par le plus grand fleuve du monde, recèle un tiers des espèces végétales connues sur terre... Et si elles s’adaptent étonnamment bien dans nos appartements, c’est parce qu’elles sont habituées au manque de lumière, car obligées de pousser sous le couvert touffu d’arbres géants atteignant parfois 50 mètres de hauteur...
Contrairement aux espèces tropicales, ces plantes de climat équatorial n’ont pas besoin de repos hivernal : dans leur pays natal, la température oscille de 24 °C à 27 °C toute l’année, un peu moins sur les collines. Le bât blesse sur un seul point : on peut difficilement leur offrir l’air littéralement saturé d’eau qu’elles affectionnent. Avec 1600 mm à 3600 mm de pluies par an (5 fois plus qu’en Normandie) et peu d’évaporation, la forêt amazonienne vit sous un climat excessivement humide.
Sont-elles douillettes pour autant, nos belles amazoniennes ? Au contraire ! Leurs conditions de survie à l’état sauvage, si difficilement imaginables, ont contribué à les rendre robustes et très ingénieuses. Les broméliacées comme le guzmania, ainsi que les anthuriums aux belles spathes rouges se perchent sur les branches pour tenter de recevoir un peu de lumière. Elles vivent avec peu de terre et avec juste quelques débris décomposés comme nourriture ! Les étonnants monstéras et les délicats maranthas eux-mêmes ont des goûts frugaux, habitués à pousser entre les racines des arbres, dans un humus rare.
Les conseils Truffaut :
* Les racines des broméliacées poussent à l’air libre. Pour que ces dernières puissent respirer à l’aise, utilisez un terreau pour épiphytes, c’est-à-dire “spécial orchidées”.
* Toutes les plantes amazoniennes sont issues d’un milieu très pauvre et peu profond (l’érosion et la surpopulation
empêchent la terre de s’enrichir). Un gros pot n’est pas nécessaire. Utilisez un substrat léger à base de fibre de coco ou de sphaigne.
* Paillez la surface du pot pour leur rappeler l’épais matelas de feuilles mortes de leur terre natale.
* Posez les pots sur des soucoupes remplies de graviers baignant dans l’eau pour créer un microclimat plus humide autour de leur feuillage.
L’Afrique australe :
un look toujours insolite
L’Afrique australe est le berceau des plus étonnantes plantes connues, telles les fameuses plantes-cailloux (les lithops), les protées à fleurs surdimensionnées, mais aussi des espèces qui font désormais partie de notre paysage comme les géraniums. C’est sa situation originale dans l’hémisphère sud ainsi que l’incroyable diversité de ses biotopes, qui expliquent qu’elle recèle à elle seule 10% de la flore mondiale soit plus de 22 000 espèces, pour beaucoup endémiques, c’est-à-dire inexistantes ailleurs.
La péninsule du Cap, au climat de type méditerranéen, accueille un grand nombre de nos fleurs de balcon : le magnifique plumbago bleu, dit dentelaire du Cap, le généreux ostéospermum ou le dimorphotéca... Le saintpaulia, surnommé à tort violette du Cap, s’épanouit dans le climat tropical plus classique de la côte orientale. Une zone qui comprend des forêts dans lesquelles prospère aussi le dracaena. Un dracaena si peu exigeant et si adaptable qu’on l’utilise, à Madagascar et à l’île de la Réunion, comme tuteur vivant pour la vanille !
Quant au terrible désert du Kalahari et aux steppes, ils constituent le milieu de prédilection des plantes succulentes comme les amusants kalanchoes.
Les conseils Truffaut :
* Les plantes d’Afrique australe sont toutes habituées à vivre une période de repos allant de quelques semaines à quelques mois, durant laquelle des températures plus fraîches vont de pair avec un temps sec ou très sec. Passées de l’hémisphère sud à
l’hémisphère nord, elles sont décalées et, moyennant ce petit repos de temps à autre, elles sont capables
de fleurir presque toute l’année.
* On l’ignore souvent mais le saintpaulia sauvage vit en épiphyte ou en lithophyte, c’est-à-dire accroché aux branches d’arbres ou aux rochers ! C’est pourquoi, comme les orchidées, il a besoin d’un substrat très léger et aéré et une ambiance humide. Posez le pot sur une soucoupe remplie de graviers baignant dans l’eau.
L’Indonésie :
formes et couleurs originales
Imaginez les courageux explorateurs des siècles passés s’aventurant dans les épaisses et inquiétantes forêts d’Indonésie. L’un d’eux, occupé à surveiller l’apparition d’animaux venimeux relève soudain la tête, émerveillé par un vol de papillons. Il s’agit en fait d’orchidées se balançant depuis leurs branches d’arbre ! C’est la raison pour laquelle on a nommé ces orchidées, encore inconnues, les phalaenopsis (qui signifie en grec “ressemblant à un papillon”).
Les très beaux et robustes dendrobiums ont des origines similaires. Deux genres dont beaucoup d’espèces acceptent de vivre en appartement. Nos intérieurs manquent certes de l’humidité ambiante qu’elles affectionnent, mais certaines pièces connaissent une température supérieure à 20 °C toute l’année et un peu moins la nuit, comme sous les latitudes équatoriales qui les ont vu naître.
Ébène, teck, bois de santal font bon ménage avec les banians sacrés mais aussi avec d’autres ficus, des bambous géants et de curieuses fougères arborescentes. Si les banians ne poussent que dans la forêt tropicale, ficus, bambous et, parfois, fougères trouvent place dans nos intérieurs, en pot.
Les conseils Truffaut :
* Une salle de bain très lumineuse ou, à défaut, une cuisine bien chauffée sont les pièces préférées de nos belles indonésiennes, qui apprécient infiniment la vapeur tiède qui s’en dégage durant une ou deux heures dans la journée. Attention : placez-les suffisamment près des fenêtres car elles ont besoin de lumière, même si elles n’aiment pas le soleil direct.
* Vaporisez matin et soir les fougères arborescentes avec de l’eau non calcaire.
* Les ficus, et plus encore les bambous, auront meilleure allure s’ils passent l’été dehors, à mi-ombre.
* Attention : les bambous ne se taillent pas. Seuls les chaumes devenus trop vieux et en surnombre sont supprimés à la base. Tout chaume épointé cesse sa croissance définitivement.
Publié le 14/10/2004
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