Installer Adobe Flash player

Les dossiers conseils le jardin

Les dossiers conseils de Plantes d'intérieur

Plantes d'intérieur

    La multiplication : le miracle de ma vie

    L’homme préhistorique commença par secouer les épis mûrs pour laisser tomber les graines à terre. Devenu paysan et jardinier, il apprit à les enterrer au bon moment et à la bonne profondeur. Au fil des siècles, par ses observations, il perfectionna ses techniques de multiplication des végétaux. Aujourd’hui encore, même les techniques de bouturage les plus sophistiquées se basent sur l’observation des milieux naturels.

La Nature a tout prévu

Pourquoi choisir tel ou tel mode de multiplication ? Plus que vos propres préférences, ce sont celles des plantes qu’il convient de suivre ! Les cactus des déserts arides ne se reproduisent pas comme les orchidées épiphytes des climats tropicaux humides, les plantes vivaces des montagnes enneigées comme nos plantes vertes, originaires des forêts équatoriales. Chacune s’est adaptée à son milieu pour mieux le peupler.

 
Samares d'érable
Welwitschia mirabilis

Cette plante est endémique d’une des régions les plus arides de la planète. Les plus vieux sujets connus sont âgés de 2000 ans.
 
Pousse de Cocos Nucifera
   
 
 
 
Bouture d'une feuille de bégonia Rex  
   
 
  Bouture enracinée prête
pour le rempotage
Bouture d'un ananas  

Une farouche volonté de survie !

Se reproduire et assurer la survie de l’espèce est le seul but dans la vie des plantes, ne l’oublions pas ! Couleurs magnifiques, parfums
envoûtants et autres fruits délicieux n’ont pas d’autre vocation que d’attiser la gourmandise des insectes et des mammifères.
Les graines constituent le mode de multiplication le plus classique. Il s’agit d’une reproduction sexuée, qui nécessite la fécondation de l’ovaire (pistil) par le pollen présent sur les étamines. Ce sont le plus souvent les insectes butineurs et le vent qui se chargent de disséminer le pollen et de le porter sur d’autres plantes, parfois très éloignées. Ils assurent ainsi le maintien de la biodiversité grâce à la création variétale provenant d’hybrides créés naturellement ou aidés par la main de l’homme. Une fois fécondé, le pistil va gonfler puis mûrir, devenant une capsule, un fruit ou une autre enveloppe protectrice contenant des graines.

Se contenter de tomber au pied de la plante mère n’assurerait évidemment pas la propagation de l’espèce. La concurrence existe également entre les végétaux. Ceux qui poussent le plus vite étouffent les autres. Il faut sans cesse rechercher de nouveaux espaces libres. Alors, à chaque graine sa ruse personnelle. Les fruits sont mangés par les oiseaux ou les animaux, qui rejettent plus loin le noyau ou les pépins, idéalement attendris par les sucs digestifs pour bien germer ! Les graines d’érable (ou samares) possèdent deux ailes parfaites pour voler très loin. Le pissenlit a préféré la technique du parachute. Le bout pointu des graines de cosmos leur permet de se planter dans le sol après y avoir roulé un certain temps, alors que les poils collants du fruit de la bardane s’accrochent dans le pelage des animaux comme du velcro. La capsule du coquelicot se présente comme une salière qui disperse progressivement les graines fines sous l’effet du vent. Pour jeter leurs graines au loin, le genêt ou l’euphorbe font exploser leurs capsules dans un bruit sec qui fait parfois sursauter le jardinier, phénomène appelé la déhiscence. Certains “moyens de transport” sont des plus originaux. La noix de coco peut ainsi flotter durant des semaines en mer, avant de s’échouer sur la plage d’une île déserte, d’y germer... et d’en assurer le peuplement.

Coexiste avec la reproduction sexuée, parfois sur une même plante, un autre système nommé reproduction végétative. Dans les climats tropicaux humides, mais aussi chez nous, une tige cassée ou simplement couchée sur le sol humide et chaud s’enracine et donne naissance à une nouvelle plante. Selon les espèces, ce sont les tissus tendres (tiges vertes) ou ligneux (rameaux ou branches) qui présentent la capacité de multiplier leurs cellules pour produire racines et nouvelles pousses. Les racines apparaissent généralement à l’emplacement d’une ancienne feuille. Le bégonia à feuillage coloré, qui lutte pour sa survie dans les forêts tropicales surpeuplées, possède la faculté de générer des racines, des tiges et des feuilles à partir d’un simple fragment de feuillage. Si un morceau de feuille tombe sur le sol, il s’enracine sans tarder. Loin de là, dans nos appartements, on utilise cette déroutante technique de bouture de feuille pour multiplier les plus beaux bégonias Rex, saintpaulias ou sansevierias…

Quant à la marcotte, elle s’apparente à la bouture sauf que la tige s’est enracinée alors qu’elle était toujours reliée à la plante mère. Le chèvrefeuille grimpant de nos jardins nous joue souvent ce tour : une tige, n’ayant pas réussi à s’accrocher, rampe sur le sol et s’y enracine. Il suffit de la couper (cela s’appelle “sevrer la marcotte”) pour disposer d’une nouvelle plante.
La traditionnelle division de souche et le bouturage sont, eux aussi, des modes de reproduction dits végétatifs. Ils donnent des plantes strictement identiques (des clones) au pied d’origine. C’est la seule façon efficace (hormis les techniques in-vitro) de multiplier à l’identique un grand nombre de nos plantes du jardin et de la maison.

Le plaisir de multiplier ses plantes

Donner la vie demeure une expérience unique. La germination d’une graine nous fait l’effet d’un miracle sans cesse renouvelé. Quant au bouturage, il nous offre une nouvelle plante avec une telle rapidité que nous risquons fort d’attraper pour de bon le virus du multiplicateur passionné. Quel plaisir, en effet, d’offrir à son entourage, et de peupler son jardin et sa maison, de plantes obtenues gratuitement... Quelles que soient vos connaissances, ces techniques sont à votre portée. Quelques accessoires malins sont là pour vous aider à réussir encore plus facilement.

La multiplication ludique pour les enfants

Le jardinage sensibilise les enfants au respect de la vie. Mais pour répondre à leur impatience naturelle, il faut des résultats rapides.
Faites-leur semer les grosses graines de haricot, capucine ou tournesol dans de petites pastilles de tourbe qu’il suffira ensuite de planter telles quelles au jardin. Pour les graines plus fines de la tomate, un kit de semis s’avère plus pratique. Les radis, le maïs, la salade se sèment directement au potager. Dans la nature, le papyrus ou le cyperus laissent tomber dans les lieux marécageux leurs lourdes têtes de feuilles, qui s’y enracinent très rapidement. A la maison, il suffit de retourner des tiges
coupées (feuilles vers le bas) dans un récipient rempli d’eau pour obtenir ce résultat en une dizaine de jours. Coléus coloré, saintpaulia ou misère s’enracinent également dans un verre d’eau, placés “tête en haut” cette fois.

La multiplication exotique

Voyagez sans quitter votre salon en multipliant des plantes de la forêt tropicale humide. Ce sont elles qui montrent le plus de bonne grâce à s’enraciner dans une ambiance chaude, à condition de ne pas souffrir d’un air trop sec.
Coupez le “chapeau” de feuilles d’un ananas en laissant 1 cm de “fruit” sous ce chapeau. Laissez-le sécher et posez-le sur un terreau bien léger. C’est ainsi que vous obtiendrez une nouvelle plante... si vous patientez 12 à 18 mois.
Les crotons multicolores, le caféier et les ficus se bouturent facilement avec l’appoint d’un kit de bouturage.
Sur de la feutrine humide posée dans une soucoupe, semez des graines de riz complet, à déguster germées. Dans du terreau, essayez les noyaux d’olive, noix de muscade et pépins d’orange... sans espoir de récolte, juste histoire de s’amuser !

Multipliez les plantes d’intérieur

Obtenez encore plus de plantes vertes pour vous-même, ou pour échanger, avec les boutures les plus faciles.
Coupez des tronçons de tiges de yucca, dracaena ou cordyline, des quarts de feuilles de bégonia Rex, saintpaulia, sansevieria, des
extrêmités de tiges de ficus, cissus, schefflera, pothos et plantez-les dans des godets individuels remplis d’un Terreau semis, bouturages et repiquages TRUFFAUT.
Couchez des tiges de lierre, cissus ou pothos dans des godets placés à côté du pot principal, pour obtenir une marcotte. La marcotte du ficus et du philodendron est dite “aérienne” car on entoure une partie de branche de mousse humide pour provoquer l’émission de racines.

Créez vos propres variétés

Récoltez vos propres graines dans votre jardin, dans ceux de vos amis ou dans la campagne (en évitant les espèces rares et protégées). Les hasards des croisements feront peut-être de vous le créateur d’un coloris inédit ou d’une forme nouvelle.
Dans des godets de tourbe compressée qu’il suffira ensuite de replanter tels quels au jardin, semez des graines de lupin, pavot, amaryllis, tulipe, fritillaire ou ail d’ornement.
Dans une terrine, donnez naissance à des delphiniums, gaillardes, campanules, hellébores et autres vivaces, ou encore à des arbres : arbre de Judée, cytise jaune, érable, chêne, hêtre... Vous repiquerez ensuite les plantules dans de petits pots.

La multiplication du pro !

Soyez votre propre pépiniériste en semant très tôt en saison, à l’aide d’une mini-serre chauffante, vos légumes et vos fleurs. Vous serez fier de faire déguster à vos proches des primeurs de votre production (tomates, melons, salades, poireaux, courgettes).
Et vous profiterez avant tout le monde d’un jardin fleuri  (pensées, pâquerettes, giroflées, pétunias, impatiens etc...).

Publié le 26/12/2003
/images/jardin/dossiers-conseils/footer_fond_fiche.gif
Résultats Fiches conseils :