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Les dossiers conseils Plus Belle Sera La Terre

Les dossiers conseils de Plus Belle Sera La Terre

Plus belle sera la terre

    Le grand voyage des graines

    Pour disséminer leurs graines, toutes les plantes ont leur stratégie : certaines font confiance au vent, aux rivières ou à la rosée, d'autres comptent sur les petits mammifères et les oiseaux qui se chargent de les transporter de diverses façons. Pourquoi ? Afin de couvrir le plus grand territoire possible et de trouver les meilleures conditions pour se reproduire !

Le prolongement des espèces

La nature est bien faite, tout ce qui existe a un rôle déterminé sur terre. La grande mission des plantes est de couvrir la planète pour l'oxygéner et la régénérer. C'est pourquoi, elles utilisent tout ce qui peut les y aider ! La dissémination de leurs graines en est l'étape primordiale. Découvrez comment elles s'y prennent…

La dispersion par le vent

C'est le moyen le plus simple pour beaucoup d'entre elles, cela s'appelle l'anémochorie. Mais il faut que les graines soient pourvues de petites membranes porteuses, comme les samares de l'érable, les graines ailées des conifères, du frêne et du bouleau. Ou bien encore d'aigrettes plumeuses qui les entraînent loin dans les airs comme celles du pissenlit, du chardon et de la clématite.

La dispersion par l'eau

L'hydrochorie concerne les graines revêtues d'un matériau flottant. La noix de coco en est un bon exemple, elle flotte au gré des courants marins, et peut parcourir 5000 km avant de s'échouer quelque part pour germer ! Les graines du chou marin font de même pour coloniser d'autres plages, celles de l'iris d'eau se laissent emporter par les rivières et se fixent dans les étangs.

La dispersion par les animaux

La zoochorie prend de nombreuses formes et elle est réalisée en partie par les petits mammifères. Les écureuils et les campagnols entassent les graines en automne dans des réserves dont ils perdent le souvenir au cours de la saison ! Glands, châtaignes et noisettes sont ainsi plantés de façon naturelle. Les fourmis, quant à elles, emportent dans leurs galeries certaines graines qui n'ont plus qu'à germer là où elles sont déposées. À leur tour, les oiseaux engloutissent les baies, comme les cervidés et les petits animaux sauvages des campagnes. Les graines sont digérées puis les noyaux rejetés dans la nature au gré des déplacements des animaux. Cerisier, merisier, prunellier, aubépine, sorbier et bien d'autres sont ainsi éparpillés !

La dispersion par la plante

Cette méthode est employée par les espèces qui mettent en oeuvre un curieux processus au moment où les graines sont mûres : elles les expulsent avec force grâce à l'ouverture brusque du fruit. Ce système de dissémination, appelé autochorie, évite la concurrence des jeunes plants dans un périmètre trop restreint autour du pied mère. Observez l'acanthe, elle projette ses graines bruyamment à plus d'un mètre. Les balsamines font aussi éclater leur fruit, comme la violette et certains géraniums vivaces. Tant d'inventivité est heureusement récompensée ! Si dans un jardin cela pose parfois un problème quand les plantes vagabondent d'un massif à l'autre, dans la nature c'est un réel succès !

Le saviez-vous ?

    -  La diversité des graines est incroyable : les plus petites comme les graines de bégonia, compte plus de 10 000 graines environ par gramme. Alors que l'énorme noix du coco de mer peut peser jusqu'à 18 kilos !

    - Différentes, elles le sont aussi dans leur capacité à germer plus ou moins rapidement ou longtemps après leur dissémination. Le peuplier germe au bout de quelques jours, les céréales peuvent attendre 10 ans avant de lever. Une graine de dattier de Judée a même réussi à germer après 2000 ans de dormance !

    - La glace permet de conserver encore plus longtemps les graines vivantes. Dans le but de préserver la diversité végétale de la planète, une immense cave souterraine creusée dans le pergélisol du Spitzberg (archipel norvègien) a été inaugurée en février 2008. Elle peut contenir 4,5 millions de graines d'espèces différentes qui seront conservées à une température de -18 °C. Cette réserve à l'abri de l'air et de l'eau, assurera si besoin, le maintien de la biodiversité végétale dans les années futures !

Publié le 16/06/2009
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