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Le diamant de Gould
Dans le grand catalogue des oiseaux australiens, les diamants sont parmi les plus beaux oiseaux exotiques. Le diamant de Gould (Chloebia gouldiae) surclasse toutefois largement ses camarades : c’est une super star qui concourre pour le titre du plus beau plumage. Interdit d’exportation, tous les spécimens sont aujourd’hui issus de nombreux élevages. La sélection génétique nous propose des oiseaux très sociaux et beaucoup plus résistants que leurs ancêtres.
Oublié un temps, le diamant de Gould revient en force aujourd’hui. C’est donc le moment de redécouvrir cet oiseau fabuleux !
Un australien interdit d’exportation
C’est en 1844 que le peintre et ornithologue anglais John Gould dessine et décrit scientifiquement l’oiseau qui portera à jamais son nom. L’espèce vit dans le nord de l’Australie, de la ville de Derby à l’Ouest jusqu’à la péninsule du Cap York à l’Est.
On le rencontre dans les savanes, protégé dans la strate de broussailles épaisses, parsemée d’épineux ou d’eucalyptus. L’oiseau investit également les marais autour des mangroves. Le diamant de Gould effectue une migration pendant la saison des pluies où il descend plus au sud. Comme toutes les espèces australiennes, il est interdit d’exportation depuis 1956. Les individus commercialisés sont donc tous issus de l’élevage.
La joie de la couleur
Comme la plupart des petits exotiques, cette espèce appartient à l’ordre des Passériformes et à la famille des Estrildidés. Le Gould mesure 14 cm de long. Sa tête écarlate est cernée d’une collerette noire ainsi que d’une large bande turquoise. La gorge et le menton sont noirs, la poitrine arbore un violet soutenu et le ventre est jaune. Le cou, le dos comme les ailes sont verts et les plumes sous-caudales sont blanches.
La queue noire est fourchue avec des rectrices centrales très effilées. Les pattes et le bec sont rosés. La femelle est colorée comme son partenaire, mais plus terne avec des plumes caudales centrales plus courtes. Son bec devient grisâtre en période de reproduction alors que celui du mâle rougit à son extrémité. Le mâle produit également un chant caractéristique. Les jeunes se reconnaissent facilement à leur plumage verdâtre terne.
Une espèce au plumage varié
Un des attraits du Gould est le plumage variable de sa tête. 90% des individus sauvages présentent une tête noire, 9% une tête rouge et 1% une tête jaune. Les deux dernières variétés conservent un menton noir qui s’intercale entre la face rouge ou jaune et la bande turquoise. En élevage, les proportions diffèrent : les têtes rouges dominent, devant les noires, les jaunes sont toujours minoritaires. Ces trois variétés ont d’ailleurs longtemps été considérées comme des sous-espèces. Aujourd’hui, la sélection génétique a permis de fixer de nouvelles variétés : des colorations générales (pastel, jaune, bleu...) mais également des couleurs de poitrine (bleue, blanche, mauve, rose...). Le résultat des divers croisements possibles entre variétés est connu des éleveurs et fait l’objet d’accouplements précis. Le prix d’une variété découle d’ailleurs directement de sa rareté sur le marché.
La couvée assurée par les parents
En élevage, la ponte du Gould est souvent immédiatement confiée à des parents adoptifs, comme l’infatigable moineau du Japon, mais ce peut être également d’autres diamants comme le mandarin. Cette pratique, un temps systématique, s’avère finalement être une erreur. Les éleveurs tentent donc actuellement de faire machine arrière en laissant les couples élever leurs jeunes.
Comme tous les oiseaux de l’hémisphère Sud, le diamant de Gould se reproduit en Europe à l’automne (c’est alors le printemps en Australie). L’idéal est de laisser le couple se former en volière intérieure en proposant des nids aménagés avec des matériaux douillets. Dans la nature, l’oiseau construit un édifice grossier à même le sol, voire dans un trou d’arbre ou une termitière abandonnée. La ponte de 3 à 8 œufs est couvée par les deux parents pendant 14 jours. Le sevrage se fait aux environs du 21e jour.
Des lucioles dans le bec
Le nom “diamant” vient d’une caractéristique anatomique à l’intérieur du bec des oisillons : une série d’excroissances blanches luminescentes situées près de la commissure et des taches noires sur le palais ainsi que sur la base de la langue. Ces décorations incitent les parents au nourrissage et balisent également le bec ouvert dans l’obscurité. Ces curiosités disparaissent à 2 mois.
De plus en plus costaud
Le Gould est réputé délicat. Il est, en fait, surtout exigeant sur la température qui ne doit jamais descendre sous les 15° C la nuit. L’optimum en journée se situe d’ailleurs entre 25 et 30 °C pour une hygrométrie voisine de 70%. Soixante ans d’élevage ont amélioré quelque peu la situation : la domestication a rendu le Gould moins frileux et il supporte désormais nos climats tempérés s’il est préservé toutefois des courants d’air et des intempéries. Il reste juste sensible à l’humidité.
Les conseils TRUFFAUT :
Comme tous les diamants, le Gould a une nette préférence pour certaines catégories de graines comme l’alpiste ou le millet. Il faut donc lui proposer un mélange dédié aux petits exotiques contenant ces composants sans oublier le millet en grappes dont il est très friand.
Il est préférable de compléter cette ration en période de mue et de reproduction par des apports protéiques importants, des vitamines et des minéraux. C’est l’intérêt des pâtées insectivores, pâtées à l’œuf, vers de farine, insectes vivants et autres graines germées.
Mieux vaut accoupler un jeune avec un sujet plus expérimenté pour maximiser les chances.
Eviter au maximum la consanguinité dans l’élevage, toujours source de problèmes à terme.










