Les dossiers conseils Animaux
Les dossiers conseils de L'aquariophilie et le bassinL'aquariophilie et le bassin
-
Aquarium : la filtration
Une question existentielle : pourquoi filtrer ?
Par définition, l’aquarium est un lieu de vie fermé, où des interactions existent entre chaque être. Plantes et poissons ont des besoins particuliers et vivre en vase clos génère de nombreux problèmes liés à l’accumulation de la matière organique. Mais d’où vient cette matière
organique qui engendre une pollution en se décomposant ? Dans l’aquarium comme dans la nature, elle a 2 origines. L’une est issue de la décomposition des végétaux, les feuilles mortes par exemple. L’autre est animale, elle est le produit de la digestion des animaux qui peuplent l’aquarium, les poissons et les escargots. En d’autres termes, ce sont les excréments.
Cette pollution visible en cache une invisible, bien plus sournoise. En effet, lorsque cette matière se décompose, elle libère des composés chimiques dérivés de l’ammoniaque, particulièrement nocifs pour la faune. Dans le cas d’un aquarium équilibré, c’est une armada de bonnes bactéries qui transforment continuellement l’ammoniaque produit en nitrites, puis en nitrates. Seuls ces derniers ne sont pas mortels, bien au contraire, ils contribuent à la croissance des plantes : c’est un engrais. Si l’aquarium était un simple récipient sans filtration, tous ces produits polluants s’accumuleraient dangereusement. Ce qui devrait être un paradis pour les poissons se transformerait en quelques jours en un bouillon de culture nauséabond.
Il faut é-li-mi-ner !
Pour que la matière organique ne stagne pas et ne pourrisse sur le sol de l’aquarium, il faut l’évacuer. Pour cela il existe 2 solutions, soit siphonner tous les jours les débris de feuilles fanées et les excréments, soit créer un courant d’eau dans l’aquarium avec une pompe, afin de rassembler ces détritus dans un récipient : c’est le filtre salvateur !
Dans cette enceinte sont placées des matières qui bloquent les déchets et particules de tailles différentes : c’est la filtration dite mécanique, celle qui élime la pollution visible. Mais pour transformer ces déchets, on fait appel a une filtration d’un autre type, la filtration biologique, celle qui met en œuvre les précieuses bactéries. Plusieurs espèces de ces organismes détritivores se répartissent une tâche précise : les unes s’attaquent à l’ammoniaque pour le transformer en nitrites, puis elles passent le relais à d’autres qui produisent des nitrates avec les nitrites. Mais pour être efficaces, ces bactéries doivent se fixer. Chance ! Ce sont les masses filtrantes placées dans le filtre qui vont leur servir de support.
Les différents types de filtres
Le choix du filtre est fonction de la taille de l’aquarium. Plus l’aquarium est grand, plus le volume du filtre doit être en conséquence. Il existe globalement 4 types de filtres : sous-sable (plus guère employé), intérieur, extérieur et à décantation. Utilisé de plus en plus dans des bacs standards, mais plus adapté aux grands volumes, le filtre à décantation est inclus dans l’aquarium. Il est constitué de plusieurs compartiments réservés aux masses filtrantes, au chauffage et à la pompe à eau.
Etudiés pour les petits aquariums de moins de 60 litres, les filtres intérieurs comme le Trio2000 de Hagen, IV1 de Rena ou le DJ100 d’Aquarium Systems, conviennent parfaitement. Le corps contenant la masse filtrante est surmonté d’une pompe à eau. C’est un filtre que l’on fixe dans un coin arrière, à l’aide de ventouses. Certains sont munis d’un système Venturi, qui permet d’insuffler de l’air dans l’aquarium. Il évite ainsi l’utilisation d’une pompe à air.
Pour un aquarium de 60 à 200 litres, le filtre extérieur est nécessaire. C’est une cuve équipée d’une pompe à eau, reliée à l’aquarium par
2 tuyaux, l’un d’aspiration placé près du sol de l’aquarium et l’autre de refoulement placé à l’opposé du premier et en surface. Tous deux sont fixés à l’aide de ventouses contre les parois internes du bac. Pour éviter l’aspiration de poissons ou de plantes déracinées, le tuyau d’aspiration plongé près du fond est muni d’une crépine, une sorte de préfiltre qui évite bien des malheurs. Le filtre est généralement placé dans le meuble supportant l’aquarium. Pour ne pas nuire à l’esthétisme, les tuyaux sont discrètement dissimulés.
Les modèles Eheim 2213 02 et 2215 sont bien adaptés. Ce fabricant propose maintenant des matériels issus de nouvelles technologies permettant d’optimiser la filtration bactérienne. Les modèles sec/humide 2227 et 2229 sont étudiés afin que les bactéries soient plus en contact avec les matières à décomposer et pour agir plus efficacement. Ce matériel révolutionnaire allie la technique traditionnelle à la filtration semi-humide qui fait aussi ses preuves en aquariophilie marine.
Tout sur les masses filtrantes
Le secret d’une bonne filtration, à la fois mécanique et biologique, passe par l’efficacité des masses filtrantes. L’ordre dans lequel elles doivent être placées est important. Une masse trop dense située en première ligne se colmatera rapidement avec les grosses particules, limitant rapidement le débit du filtre. Il est donc logique de placer les masses filtrantes dans l’ordre décroissant de leur pouvoir filtrant. Les filtres actuels sont équipés de paniers dans lesquels se placent aisément les masses filtrantes. Dans l’ordre du passage de l’eau, ce sont en premier les matières à structure grossière qui fixent les déchets les plus importants. Ils s’y décomposent pour ensuite venir se fixer sur des masses à structure plus fine, comme l’ouate, qui rendent l’eau limpide et dépourvue de particules. Les bactéries, à qui est confié le nettoyage biologique, sont concentrées dans les masses les plus fines. Mais il existe des matériaux filtrants spécialisés dans l’hébergement des bactéries. Leur porosité extrême permet d’abriter de grandes colonies de ces micro-organismes dépolluants et ainsi d’améliorer encore plus la qualité biologique de l’eau. Filtroc, Bioferm et Biomec de JBL ou Substrat Pro de Eheim sont prévus à cet effet.
Pour obtenir une eau cristalline et ôter la coloration brune produite par les racines, il est bon d’utiliser du charbon actif Ehfikarbon à placer dans son filet en dernière position et retiré du filtre en cas de traitement médicamenteux.
Tests et bactéries
Des mesures régulières des taux d’ammoniaque, de nitrites et de nitrates, permettent de connaître l’état de santé de l’aquarium. Pour ce faire, le Combi set de JBL offre tous les réactifs pour mesurer ces paramètres, alors que Francodex propose des tests indépendants pour chacun. Très pratiques, les bandelettes 5 en 1 de Tetra, permettent de lire directement les 5 principales valeurs physico-chimique de l’eau.
Il est bon de dresser un tableau de mesures des différents paramètres de l’eau de l’aquarium. Les mesures sont reportées après chaque test. Si des taux progressent anormalement, surtout pour l’ammoniaque et les nitrites, il est important d’agir. Un changement d’eau d’un tiers du volume et un apport de bactéries sont nécessaires. L’ajout de bactéries spécialement sélectionnées par les industriels, comme Biocoryn de Tetra, Dénitrol de JBL, Ecogyl de Aquascience ou Aquariaclear permet de bien maîtriser le problème. Ces bactéries sont fortement préconisées lors de la mise en route d’un bac, mais servent également à réensemencer l’aquarium après chaque changement d’eau, nettoyage du filtre ou un traitement par médicament. Si le taux de nitrates a, lui aussi, la fâcheuse tendance à vouloir grimper, la périodicité des changements d’eau est à remettre en cause.
Rappelons encore qu’il faut changer environ 25 % du volume toutes les 2 semaines. Pour ceux que cette activité n’enchante guère, Tetra propose Easy balance, un produit qui aide à l’équilibre de l’aquarium en limitant cette corvée sans altérer l’équilibre biologique de l’eau. Sauf cas extrêmes, les nitrates ne sont pas mortels pour les habitants de l’aquarium. Un poisson nouvellement introduit venant d’un aquarium d’animalerie peut ne pas supporter le passage dans une eau trop concentrée en nitrates.
Bien entretenir son filtre
Tout comme on change régulièrement le sac d’un aspirateur parce qu’il est plein, le filtre d’aquarium doit lui aussi être vidé, plus exactement nettoyé. Les masses filtrantes solides sont rincées à l’eau tiède sous le robinet. Les masses les plus fines comme l’ouate peuvent également être rincées et réutilisées une ou deux fois, mais leur pouvoir filtrant diminue fortement dès le premier rinçage. C’est la raison pour laquelle l’ouate est conditionnée en sacs de 500 g. Le charbon actif, lui, est changé à chaque fois.
La périodicité d’un nettoyage du filtre est variable selon la densité de population de l’aquarium et la fréquence des renouvellements d’eau. Un entretien mensuel, avec rinçage ou changement des masses, nettoyage de la cuve, des tuyaux, et de la pompe est l’idéal. Pour sauvegarder les bactéries, l’entretien du filtre ne s’effectue jamais la même semaine qu’un changement d’eau. En effet, les colonies sont mises à rude épreuve et sont décimées lors d’un nettoyage. Pour se reconstituer, elles ont besoin de troupes fraîches présentes dans l’aquarium, dissimulées principalement dans le sable et le décor rocheux. Par sécurité, il est préférable d’apporter des bactéries du commerce.






