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Bassin naturel
Laisser faire la nature serait la solution rêvée lorsqu’on se lance dans la construction d’un bassin de jardin. La solution réside à mi-chemin entre la mare et le bassin d’agrément : c’est le bassin naturel, un écosystème vivant en autarcie, à condition de prendre un bon départ.

Le bassin naturel est une alternative au bassin d'agrément, avec des caractéristiques proches quant aux zones réservées aux plantes et aux poissons. Une partie centrale profonde appréciée des poissons, une zone périphérique réservée aux plantes amphibies, et une troisième zone qui fait office de filtre biologique naturel. C'est cette dernière qui différencie le bassin naturel du bassin classique, où l'installation d'un filtre externe est la solution la plus courante pour épurer l'eau.
Intégrer le bassin à son environnement
Il est préférable de partir d'un projet de bassin avec une surface et un volume importants. Pour cela, 2 conditions sont primordiales : avoir suffisamment de place et la volonté de faire une véritable zone humide dans son jardin. Le concept du bassin naturel nécessite une réflexion à la fois paysagère et technique. Intégrer un plan d'eau dans son jardin doit être mûrement réfléchi. Il faut penser aux impondérables, tels que les canalisations et assainissements enterrés existants, ou encore à l'accès d'un engin de terrassement. Le plan d'eau est une chose, mais ses abords et la zone réservée à la filtration biologique en sont d'autres. En effet, pour que la réussite soit complète, il est bon de prévoir une large zone de plantation autour du bassin. Le secteur réservé à l'épuration doit représenter environ un tiers de la surface totale. Qui dit “naturel” pourrait induire que le bassin soit creusé dans le sol et étanchéifié par de l'argile. Mais cette technique est peu fiable et s'il n'existe pas d'alimentation d'eau de manière naturelle (sources ou dérivation de ruisseau par exemple), le bassin se videra inexorablement entre chaque pluie. L'utilisation d'une bâche, ou liner, épousant la forme de l'excavation, est la solution la plus facile à mettre en place, et la moins onéreuse. Pour être du plus bel effet, la forme du bassin doit s'harmoniser à l'architecture environnante et aux plantations existantes.
Épuration ou lagunage
Dans le cas d'un bassin naturel, il n'est pas question de filtration mais d'épuration, en utilisant le pouvoir des végétaux à absorber les substances organiques et rendre l'eau limpide. Dans cette micro-station d'épuration appelée “lagunage”, des bactéries, des larves d'insectes ou des crustacés telles que les daphnies, se nourrissent et se reproduisent grâce à la matière organique issue de la vie dans le bassin. Les déjections des poissons et les feuilles des plantes en décomposition sont les principaux polluants.
Les bons végétaux
Cette station de “lagunage”, primordiale du bassin naturel, est alimentée par une pompe de circulation. Cette partie étanche est séparée en 2 grands compartiments distincts. Le premier ayant comme fonction de recueillir les matières organiques en suspension. L'eau qui traverse le sol par gravitation, dépose une couche de articules, qui sous l'action des micro-organismes, va se décomposer et créer une solution nutritive assimilable par les plantes. Les végétaux de cette partie sont dits “macrophytes”. Ils sont gourmands et leur croissance est souvent importante. Ils sont choisis parmi les différentes espèces de roseaux, joncs, massettes ou scirpes. Leurs racines plongent dans un substrat fait de granulats poreux. C'est dans ce milieu que vont se développer les bactéries nitrifiantes actrices de la dégradation des matières organiques.
À chaque type de plante, une fonction épuratrice
Dans le second compartiment de cette station d'épuration naturelle, l'eau se décante dans un espace où sont plantés des végétaux grands consommateurs de minéraux, comme les gracieux papyrus (Cyperus) ou les pontederia aux superbes fleurs bleues. Ils puisent leurs ressources dans le substrat de granulats où se concentrent les nitrates assimilables par les plantes. La dernière zone est plus profonde. Son rôle est d'oxygéner l'eau et de consommer les minéraux, grâce aux élodées ou myriophylles plantés dans le fond argileux. En surface, des plantes flottantes comme les pistia, ou salades d'eau, et les jacinthes d'eau, consomment les minéraux dissous. Une telle conception du bassin est courante outre-Rhin, et il est maintenant de bon ton d'avoir un bassin naturel...






